Requena Juanan

  • Juanan Requena : El vuelo lleva al vuelo

    « C’est un livre de chemins et d’égarements.

    En images de couleur sépia, l’Espagnol Juanan Requena nous emmène en promenade, probablement dans sa région de Cuenca, nous perd, nous guide, nous offre le temps de méditer qui nous sommes au contact d’une nature très belle, peu peuplée, semblant non corrompue.

    El vuelo lleva al vuelo pourrait être le livre d’un oiseau planant au-dessus des collines et sentes d’un paysage sauvage, mais aussi des ruines témoignant d’une présence humaine devenue très discrète.

    Le format est celui d’un cahier d’écolier non agrafé, ni collé, chacun pouvant, une fois ôté l’élastique, composer à sa guise son parcours de lecture.

    Le Jadis règne ici, non comme une nostalgie, mais comme une puissance de conte disponible encore au présent.

    Un enfant a collé des vignettes sur des pages libres, il marche maintenant sur des rails, découvre les vestiges d’une construction, emprunte un escalier, avant de sauter dans le vide en battant des bras comme on déploie des ailes.

    El vuelo lleva al vuelo est un herbier d’images transfigurées.

    Un arbre au tronc enroulé sur un pieu nous accueille : c’est la présence du serpent, propitiatoire, magique, en toute chose.
    Un banc, des silhouettes, une main, une végétation rase.

    On entre au désert, comme les mystiques.

    Juanan Requenna procède par soustraction, évidement, allant à l’essentiel : la confrontation entre un funambule – un humain – et un territoire à la fois superbe et âpre.

    Il y a quelquefois des rabats, des pages se déplient, montrant des personnages errants, comme dans les premiers plans de L’Avventura, de Michelangelo Antonioni.

    Image-temps.

    Une échelle gît.

    Impression de tirage lith, lumières perçant l’obscurité.

    La récurrence du motif des oiseaux indique une élévation, l’image se craquelle, il faut voir El vuelo lleva al vuelo en renversant le regard, avec nos yeux intérieurs.

    Juanan Requenna invente un royaume. »-Fabien Ribery (L’Intervalle)

    49,00