1ère édition Limitée & Numérotée sur 250 avec 1 C-Print.
Être invité à contempler et à écrire à propos de la collection de photographies inédites d’Alvin Booth, rassemblée sur une période de trente-quatre ans, c’est savoir d’emblée que l’on va déambuler dans les pièces et le long des chemins de son palais de la mémoire, dans les lieux mêmes de sa psyché.
Alvin possède, dans ses photographies, une capacité singulière à évoquer le sentiment d’un trésor disparu d’érotisme victorien, les jardins secrets des contes de fées anglais du XIXᵉ siècle, ou encore des images fixes du cinéma du début du XXᵉ siècle, comme Les Vampires, tout en les imprégnant simultanément d’une dimension résolument contemporaine. Par cette hybridation de l’ancien et du nouveau, il s’oppose à un monde qui change trop vite, un monde saturé d’images nettes et colorées qui ne persistent pas plus longtemps que le goût d’un chewing-gum. Nous vivons à une époque technologique marquée par l’obsolescence mais dépourvue d’histoire. Alvin résiste à cette qualité éphémère insatisfaisante de notre présent numérique en créant le paradoxe de l’instantané profond : il saisit un moment en coupe transversale tout en lui conférant une aura longitudinale. Il atteint une mélancolie sublime qui rappelle Atget, mais, à la différence de ce dernier, il accorde une importance égale aux personnes et à l’architecture.
Lorsque l’on parcourt les autoroutes et les routes secondaires d’Europe, de vieilles maisons défilent sous nos yeux ; mais, faute de regard à rayons X, leur intérieur demeure à jamais caché. Alvin nous invite à regarder à l’intérieur de l’une de ces demeures de campagne ; les corps nus y symbolisent une transgression, une violation de l’intimité primordiale des murs. Toute la lumière est naturelle : nous pénétrons par les fenêtres, dans l’obscurité du jour.
1st Limited edition Numbered on 250 with a C-Print.
« To be asked to contemplate and write about Alvin Booth’s collection of previously unseen photographs, assembled over 34 years, is to know that one will be walking through the rooms and along the roads of his memory palace, the loci of his psyche.
Alvin has the singular ability in his photographs to evoke the feeling of some vanished stash of Victorian erotica, the secret gardens of 19th century English fairy tales, stills from early twentieth century film like Les Vampyrs, and then simultaneously imbue them with the entirely contemporary. With this hybridity of the old and the new, he is taking a stand against a world that is changing too fast, a world that is saturated with crisp and colorful images that linger no longer than the taste of chewing gum. We are in an age of technology that has obsolescence but not history. Alvin resists this unsatisfactory ephemeral quality of our digital present by creating the paradox of the profound snapshot: he captures a cross-sectional moment but gives it longitudinal aura. He achieves a sublime melancholy reminiscent of Atget but unlike him, gives equal billing to the people and the architecture.
As you drive along highways and back roads in Europe, old houses flash by, but lacking for x-ray eyes, the insides of them remain forever hidden. Alvin is inviting you to look inside one of these country houses; the naked bodies symbolizing a transgressive breach of the primal privacy of walls. All the lighting is natural; we are entering through the windows into daytime darkness. »











