La grena’ est le surnom que l’on a donné aux Antilles à la mythique mobylette de Motobécane. Elle s’est si bien inscrite dans le patrimoine de la Guadeloupe qu’on peut dire qu’elle en fut un temps le baromètre social.
«Ma grena’ et moi» est une série de portraits de guadeloupéens qui utilisent cette mobylette, une porte ouverte vers tout un pan de la société guadeloupéenne.
Née au début des années 50 et importée aux Antilles dans les années 60, la grena’ arrive à un moment charnière : le passage d’une période de restriction à une période pré-industrielle. Ça roule, c’est robuste, fiable, simple d’utilisation et surtout, ça brille! Les Antillais se ruent dessus. Et tout particulièrement ceux de Grande Terre en Guadeloupe où la grena’ s’adapte extrêmement bien au contexte géographique et économique : peu de relief, un tissu d’usines et d’exploitations agricoles.
Défiant les lois de l’équilibre, on charrie tout ce qui peut tenir entre la fourche et le porte-bagages. Un sac de ciment, deux bouteilles de gaz, trois balles de fourrage, un veau, un ami, une amie, une épouse, trois enfants…
Un inventaire à la Prévert, monté sur deux roues. Un poème mécanique au cadre monocoque, au moteur qui pétarade, hoquette parfois, mais jamais ne s’arrête.
La grena’ est un trait d’union tout en courbe, la transition entre le bourricot et la voiture. Mieux qu’un bourricot, un étalon, celui de la condition de son propriétaire.
On se pavane en grena’. Honte à ceux qui n’ont qu’une bleue ou pire marchent à pieds. Les plus téméraires se défient dans des courses sauvages que l’on appelle “courses marrons”. Célébrations interdites où les feux d’artifice sont les étincelles produites dans les tournants par les pédales qui raclent le bitume.
La grena’ à un nom. Parfois même deux, dont l’un reste secret. Ainsi, les Brigitte, Justine, Adèle, le plus souvent Bonne Maman, voire Patrick en souvenir d’un vieux pote, se multiplient, changent de mains. D’ami en ami, d’oncle en neveu, de père en fils.
Aujourd’hui, sacrifiée sur l’autel des normes européennes, la grena’ n’est plus; plongeant tout un peuple de migrants-à-deux-roues dans le désespoir. Cependant, les derniers irréductibles, des seniors et quelques jeunes qui l’ont reçue en héritage, continuent à la chevaucher fièrement pour un dernier voyage. Celui qui mène la grena’ au musée d’un imaginaire créole ; photos en couleurs.
Gilles Elie-Dit-Cosaque : Ma grena’ et moi
Portraits pris aux Antilles des propriétaires de la mythique Mobylette posant devant ou assis sur leurs motocyclettes.
C’est un travail photographique (exposition / livre) et un film documentaire qui se répondent et se complètent.
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25,00€
| Poids | 200 g |
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| Dimensions | 20,5 × 29 cm |
| Date d'édition | |
| EAN | 2283518284102 |
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| Langue(s) | français |
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| Reliure | Leporello |













