Tout comme la lune, qui ne projette pas sa propre lumière mais reflète celle du soleil, les photographies de Midday Moon semblent représenter le monde, mais sont en fait un écho de l’univers particulier de Beatriz Banha.
C’est un monde vu de travers : les mains à mi-geste, les textures à moitié révélées, les objets à la fois tactiles et déplacés. La présence de Banha est constante mais jamais centrale. Elle opère juste en dehors du cadre, comme un satellite maintenu en orbite. Les lieux qui l’ont formée, la maison dans laquelle elle a grandi, les territoires à Évora et autour d’Évora, les scènes de tous les jours et les espaces familiers — sont tous touchés par quelque chose d’inconnu : l’agence de la photographie. Flash met en relief les surfaces tout en jetant le doute sur leur signification. Les obstacles entravent notre reconnaissance des figures dans les portraits. Les natures mortes Lush semblent emballées dans des sacs en plastique. Les scènes semblent assez réelles, mais elles semblent légèrement détachées, comme éclairées par une source surnaturelle.
La Lune de midi pourrait être une étude dans la perception. Une sorte de lunaire où l’on voit rarement la lune, mais plutôt ce qu’elle illumine : un monde éloigné d’elle-même. Un récit insaisissable, également éloigné et affectueux, de la relation entre le monde réel et celui de Banha, dans lequel la photographie agit comme notre interprète.
Much like the moon, which does not cast its own light but reflects the sun’s, the photographs in Midday Moon appear to represent the world, but are, in fact, an echo of Beatriz Banha’s particular universe.
This is a world seen askew: hands mid-gesture, textures half-revealed, objects both tactile and out of place. Banha’s presence is constant but never central. She operates just outside the frame, like a satellite held in orbit. The places that formed her, the house she grew up in, territories in and around Évora, everyday scenes and familiar spaces — are all touched by something unfamiliar: the agency of photography. Flash brings surfaces into sharp relief while casting doubt on their meaning. Obstacles impair our recognition of figures in portraits. Lush still-lives appear gift-wrapped in plastic bags. The scenes appear real enough, yet they feel slightly detached, as if lit by an otherworldly source.
Midday Moon might be a study in perception. A kind of lunary where the moon is rarely seen, but rather what it lights up: a world estranged from itself. An elusive account, equally distanced and affectionate, of the relationship between the real world and Banha’s own, in which photography acts as our interpreter.


















