Claude Benoit à la Guillaume : Pas vu Maurice ; chroniques de l’infraordinaire

12,00

À partir de petits carnets retrouvés dans une maison abandonnée, ce livre raconte la vie quotidienne d’un hameau du Haut-Forez. Claude BENOIT à la GUILLAUME, photographe et nouveau propriétaire de la maison, a montrés cette quinzaine d’agendas, tenus de 1997 à 2000, à sa voisine, Laurence Hugues, qui a bien connu Marie, la personne qui les remplissait.
L’écrivaine a entrepris de transcrire ces textes de listes, très contemporains dans leur style, leur énoncé, leur répétition, sans affect même lorsque des morts surviennent, et de les reprendre dans sa propre écriture, au sens de repriser, comme on répare un tissu. L’écriture à deux voix, deux voix de femmes, scande l’histoire du hameau et de ses habitants.
Marie, paysanne, consigne son univers quotidien dans une écriture de plus en plus serrée au fil des années qui passent et de la solitude qui s’installe. Elle y inscrit les travaux et les jours, les visites du neveu, Maurice (tel jour « vu », tel autre « pas vu »), le nombre de bocaux de confiture ou de haricots, le temps qu’il fait… Les notes se succèdent à chaque saison, presque à l’identique, comme ces tâches effectuées tout au long de sa vie et de celle du hameau. Ce monde rural disparu – ou presque – a aussi sa noblesse et de nombreuses vertus. Ténacité, frugalité, accord avec les saisons… un sens du travail en commun, de la communauté même.
À la lecture de ces chroniques de la vie ordinaire (infraordinaire aurait dit Georges Perec), Laurence Hugues a puisé dans ses souvenirs les motifs listés de la corvée de patates, la mise à mort du cochon, les slips qui battent au vent.
Claude BENOIT à la GUILLAUME, de son côté, a photographié les carnets, quelques objets et des fragments de paysage. Ses images accompagnent la lecture au plus près de la matérialité de l’archive.
Dans l’imbrication d’une approche intime, documentaire mais aussi littéraire et artistique, se dessinent en creux deux portraits de femmes, au tournant du millénaire, dans un même lieu mais avec des vies bien différentes. Ce double récit n’a pas seulement caractère d’archive. Il peut faire écho chez celles et ceux qui aujourd’hui sont tentés par une vie plus simple, plus sobre, loin des grands centres urbains ; photos en n.b.

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Informations complémentaires

Photographe

Ville

Auteur(s)

Editeur

Date d'édition

Poids 150 g
Dimensions 10 × 15 cm