À l’inverse de ses dessins incisifs et foisonnants, ses photographies ne sont en rien tranchantes. Elles sont colorées, douces et chaleureuses, et dégagent une impression picturale. Leur chromatisme est aussi singulier que leur sens subtil de la composition.
Ces images révèlent la vision de l’artiste, ancrée à la fois dans le monde des objets et dans la nature qui l’entoure. Ses propres créations artistiques ainsi que sa collection d’objets d’art, réparties dans ses différentes résidences, constituent un sujet privilégié de ses recherches photographiques.
L’œuvre photographique de Twombly offre une nouvelle dimension pour comprendre ses peintures, dessins et sculptures.
Ce nouvel ouvrage réunit environ 120 tirages photographiques provenant de la Cy Twombly Estate à Gaeta, dont la plupart étaient jusqu’ici inédits.
Ce catalogue comprend des reproductions en couleur ainsi qu’un essai de Michael Krüger, imprimé en allemand, en anglais et en français sous le titre « Die Zitronen des Cy Twombly / Cy Twombly’s Lemons / Les Citrons de Cy Twombly ».
Michael Krüger part de sa propre expérience des citrons ornementaux à la Villa Massimo dans les années 1980, ainsi que de sa rencontre, à la même époque, avec les œuvres de Twombly. Il affirme : « Aujourd’hui, plus de trente ans plus tard, je regarde les citrons qu’il a photographiés. Ce sont sans aucun doute mes citrons. Il les a conservés pour moi, ces amas jaunes difformes, qui ont dû le fasciner au point qu’il a voulu les représenter encore et encore, sous tous les angles » (173). (Krüger précise plus loin qu’il n’a jamais rencontré l’artiste en personne.)
Après avoir souligné le peu d’attention accordée aux photographies de Twombly, Krüger affirme que la disparition de l’artiste a profondément modifié la perception de son œuvre : « Avec le choc de l’annonce de la mort de Twombly, ses images, que l’on avait vues ici ou là — et parfois manquées — ont commencé à s’illuminer dans l’imagination comme une carte routière électronique, à s’envoyer des signaux les unes aux autres, produisant à leur tour une physionomie, un ensemble englobant » (174).
Il réfléchit ensuite à l’héritage plus large de Twombly et à l’évaluation des différentes forces qu’il identifie dans la pratique de l’artiste. Il décrit les types de sujets représentés dans les photographies ainsi que la relation entre les images de Twombly et la réalité elle-même. Krüger conclut que « de toutes les tentatives désespérées ou avortées, sérieuses ou ironiques, pour faire entrer un sens insaisissable dans le rectangle d’une image, pour échapper au vide, au bout du compte il ne reste que quelques citrons » (176).
Contrary to his sharp and teeming drawings his photographs are not sharp at all. They are colorful, soft, and warm and generate a painterly impression. Their coloring is as unique as their fine sense of composition.
The photographs reveal the artist’s vision embedded both in the world of objects and the nature that surrounds him. His own artistic creations and collection of art objects in his various homes are a favorite subject of his photographic studies.
Twombly’s photographic work offers a new dimension for understanding the artist’s patintings, drawings, and sculptures.
The new book features some 120 photographic prints from the Cy Twombly Estate in Gaeta, most of them previously unpublished.
This catalogue includes color reproductions and an essay by Michael Krüger printed in German, English, and French as “Die Zitronen des Cy Twombly / Cy Twombly’s Lemons / Les Citrons de Cy Twombly.”
Michael Krüger begins with his own experience with ornamental lemons at the Villa Massimo in the 1980s and his contemporaneous encounter with Twombly’s artworks. He asserts that “Now, more than thirty years later, I am having a look at the lemons he photographed. They are without a doubt my lemons. He preserved them for me, these misshapen yellow clumps, which must have fascinated him so much that he wanted to portray them again and again, from all sides” (173). (Krüger does later note that he never met the artist in person.) After noting the relative paucity of attention to Twombly’s photographs, Krüger asserts that Twombly’s passing fundamentally shifted perception of his artworks: “with the shock of the news of Twombly’s death, his pictures, which one had seen here and there—and sometimes missed—began to light up in the imagination like an electronic route map, started sending signals to each other that in turn produced a physiognomy, an overarching whole” (174). He reflects on Twombly’s broader legacy and his assessments of the various strengths he identifies in the artist’s practice. He describes the types of subjects portrayed in the photographs and the relationship between any of Twombly’s photographs and reality itself. Krüger concludes that “of all the desperate and failed, serious or ironic attempts to force some elusive meaning into the rectangle of a picture, to escape the void, in the end all that is left is a few lemons” (176).









