De l’œuvre de Jean-Pierre Sudre (1921-1997), on retient généralement ses natures mortes ou ses « paysages matériographiques ». Moins connues sont les photographies qu’il a réalisées pour les grands acteurs du monde de l’industrie française durant les Trente Glorieuses.
En s’y plongeant, on remonte le temps et l’on découvre le travail d’un photographe d’une grande rigueur technique, qui utilise l’entreprise comme un terrain de jeux où il expérimente avec liberté un langage de la forme industrielle. Photographiant des machines aux allures futuristes, il porte aussi un regard sur les ouvriers, qui prend tout son sens aujourd’hui.
Ce livre rassemble pour la première fois une sélection d’images issues de deux décennies de ce travail passionné, contextualisées par un essai minutieusement documenté de l’historien de la photographie Jean Deilhes, montrant comment les mondes artistiques et usiniers de Sudre, malgré leur apparent cloisonnement, se nourrissent mutuellement. Il s’accompagne d’une préface de Fred Boucher, qui fut l’un des premiers à reconnaître la valeur de ce pan de l’œuvre du photographe en l’exposant à la biennale Usimages dès 2019, et d’une postface de Sylvain Besson, directeur des collections du musée Nicéphore Niépce de Chalon-sur-Saône et conservateur du fonds Sudre. Par cette pluralité d’éclairages, l‘ouvrage entend rendre toute sa cohérence à l’œuvre, et valoriser l’exemplarité du parcours, d’un acteur majeur de la photographie de la deuxième moitié du 20e siècle.












