Combien de points exactement identiques pourraient coïncider sur un même chemin ?
Plus tard, tu n’entendras plus que les résonances de chaque décision :
la magie dans la rotation de la lune, son empreinte indélébile.
Des hasards entrelaçant tes pas, et l’incertain comme seul bagage.
Des instants toujours incandescents, tels des bougies indestructibles.
Des croisements et des souvenirs, des courbes et des rapiéçages.
Tu sais que sur chaque carte se dessine une balance :
la question est de savoir avec combien de battements tu sauras rester.
Ce furent les photos de la tente au milieu de Cazorla et de la Seat 128 blanche, celles de la Pentax, celles en couleur Kodak — nous faisons le reste —, celles des routes et des bottes de paille lors des championnats nationaux de rallye, celle du gamin incrédule sur la moto d’Aspar.
Et au retour de chaque voyage, revivre l’aventure : installer tout le matériel, démêler les câbles, allumer le projecteur de diapositives et écouter le bruit à chaque passage de photo. Les après-midis de dimanche à la maison, la lumière tremblante sur l’écran, les souvenirs, sauver le passage du temps.
J’avais déjà l’élan, le sens du regard. Tout cela a grandi en moi. Des années plus tard vinrent mes fuites et mes retours, je changeai de lieux et de points de vue, je voulus être une dérive décidée à la conquête de cette même lumière. La lumière voilée qui accompagne toujours les souvenirs.
Puis arrivèrent le premier reflex d’occasion, les manuels de base dans une bibliothèque près de la mer, les appareils-jouets, les Polaroids d’autrefois et le Nikon que j’ai sauvé de la poubelle, les pellicules bon marché par trois, l’attente devant les boutiques de développement, mat s’il vous plaît, 7 × 10, merci, dans moins d’une heure, un cours d’initiation au laboratoire, appuyer sur le bouton sans réfléchir, la compagnie, le déclenchement depuis le cœur, les carnets et le sens.
Les temps ont changé, les idées radicales ont évolué et les cahiers ont débordé chaque année. Mais encore aujourd’hui, plus que jamais, l’élan demeure : revenir à la chaleur de cette lumière.
¿Cuántos puntos exactamente iguales podrían coincidir en un mismo camino?
Más tarde sólo escucharás las resonancias de cada decisión :
la magia en el girar de la luna, su huella indeleble.
Azares entrelazando tus pasos y lo incierto como único equipaje.
Instantes siempre incandescentes como velas indestructibles.
Cruces y recuerdos, curvas y remiendos.
Sabes que en cada mapa se dibuja una balanza :
la pregunta es con cuántos latidos sabrás quedarte.
Fueron las fotos de la tienda de campaña en mitad de Cazorla y el Seat 128 blanco, las de la Pentax, las de color Kodak, nosotros hacemos el resto, las de las carreteras y las balas de paja en los campeonatos de Rallies nacionales, la del chaval incrédulo sobre la moto de Aspar.
Y al volver de cada viaje revivir la aventura: montar todos los trastos, desenredar cables, encender el proyector de diapos y escuchar el sonido cada vez que pasaba la foto. Las tardes de domingo en casa, la luz temblorosa sobre la pantalla, los recuerdos, salvar el paso del tiempo.
Ya tenía el impulso, el significado de mirar. Todo eso creció dentro de mí. Años después fueron mis fugas y mis regresos, cambié de lugares y de vistas, quise ser deriva decidido a la conquista de aquella misma luz. La velada luz que siempre acompaña a los recuerdos.
Entonces llegaron la primera réflex de segunda mano, los manuales básicos en una biblioteca cerca del mar, las cámaras de juguete, las Polaroids de antes y la Nikon que rescaté de la basura, los carretes baratos y de tres en tres, la espera en las puertas de las tiendas de revelado, mate por favor, 7 x 10, gracias, en menos de una hora, un curso de iniciación al laboratorio, apretar el botón sin pensar, la compañía, el disparo desde el corazón, los diarios y el sentido.
Los tiempos cambiaron, crecieron las ideas nómadas y se desbordaron cada año las libretas. Pero aun hoy, todavía y como nunca, el impulso sigue siendo regresar a la calidez de aquella luz.
















