Exemplaire Signé.
1ère édition tirée à 1000 exemplaires.
Livre Épuisé. Exemplaire état Neuf.
Cinq ans après la fin de la longue guerre civile angolaise, Jo Ractliffe se rend pour la première fois dans la capitale du pays, Luanda, pénétrant dans ce qui était pour elle, écrit-elle dans son introduction, « en grande partie un lieu mythique ». Ses photographies — des townships et des camps sous tentes, l’immense marché de Roque Santeiro, la plage d’Ilha, des fresques murales et des monuments — témoignent de l’impact de la guerre sur le tissu urbain tout en évitant, comme le souligne Okwui Enwezor dans l’essai qui accompagne l’ouvrage, tout littéralisme documentaire.
« Cinq siècles de domination portugaise prirent fin le 11 novembre 1975 lorsque Agostinho Neto, dirigeant du MPLA, proclama la République populaire d’Angola. Mais cet événement marqua aussi le début de la guerre civile la plus longue et la plus complexe d’Afrique. Les divisions entre les mouvements de libération, attisées par les politiques de la guerre froide et les intérêts d’autres pays africains (notamment l’Afrique du Sud), posèrent les bases d’un conflit violent qui allait ensuite ravager l’Angola pendant près de trente ans. Ce n’est qu’après la mort du chef rebelle de l’UNITA, Jonas Savimbi, en février 2002, lors d’un affrontement avec l’armée angolaise, que les chefs militaires des deux camps acceptèrent un cessez-le-feu, ouvrant la voie à un règlement politique définitif et à la paix.
Au cours de la guerre, on estime que 1,5 million de personnes ont perdu la vie ; un enfant sur dix de moins de quatorze ans a perdu un ou ses deux parents, et 43 000 ont été séparés de leur famille. Dans son sillage, quatre millions de personnes ont été déplacées et près d’un demi-million d’autres ont trouvé refuge dans les pays voisins — la Zambie, la Namibie, la République démocratique du Congo, le Botswana et même l’Afrique du Sud. Les infrastructures du pays ont été presque entièrement détruites, tout comme quatre-vingts pour cent des écoles, dans un pays où la moitié de la population actuelle a moins de dix-huit ans. L’usage massif de mines terrestres a également eu des conséquences dévastatrices qui se font encore sentir aujourd’hui. Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés estime que quatre-vingts millions de mines ont été disséminées sur l’ensemble du territoire et que l’Angola compte 70 000 amputés, dont 8 000 enfants.
Paradoxalement, la guerre civile a renforcé le sentiment d’identité nationale et d’objectif commun. Mais les défis auxquels l’Angola est aujourd’hui confronté sont immenses. La plupart de ses citoyens ont été réinstallés ou réintégrés — bien qu’environ 200 000 réfugiés vivent encore hors du pays et que 62 000 personnes demeurent déplacées à l’intérieur de ses frontières. La majorité reste toutefois privée de terres, de logements adéquats, d’accès à l’eau, aux soins de santé, à l’éducation ou à l’emploi. Et bien que le pays se soit désormais engagé dans la tâche monumentale de la reconstruction, celle-ci demeure semée d’obstacles, malgré les richesses naturelles de l’Angola et la croissance de son économie.
J’ai lu pour la première fois des textes sur l’Angola dans Another Day of Life, le livre de Ryszard Kapuściński consacré aux événements qui ont précédé l’indépendance du pays. C’était au milieu des années quatre-vingt — une dizaine d’années après sa publication. À cette époque, l’Afrique du Sud connaissait une période de résistance intense et de mobilisation croissante contre le régime de l’apartheid, lequel était également engagé dans la guerre en Angola. Je photographiais alors les townships autour du Cap — des images qui allaient constituer la matière d’une série de photomontages apocalyptiques de paysages urbains dévastés, de camps de relogement et de chiens (intitulée Nadir). Parallèlement à d’autres ouvrages consacrés au paysage, à la dépossession et à la guerre, je lisais sur l’Angola. Jusqu’alors, dans mon imagination, l’Angola était un lieu abstrait. Dans les années soixante-dix et au début des années quatre-vingt, ce n’était que « la frontière », un endroit secret et tu, où frères et petits amis étaient envoyés dans le cadre de leur service militaire. Et bien que des récits évoquant les Russes, les Cubains et la guerre froide aient commencé à filtrer — autant d’éléments qui dessinaient une image très différente de celle véhiculée par l’État sud-africain — l’Angola demeurait pour moi, en grande partie, un lieu mythique.
L’année dernière, je me suis rendue à Luanda pour la première fois. Cinq ans s’étaient écoulés depuis la fin de la guerre. J’entrai dans le mythe. »- Jo Ractliffe ; textes d’Okwui Enwezor, David Goldblatt et David Skinner, photos en n.b.
Signed Copy.
1st edition of 1000 copies.
Out of Print Book. Copy as New.
Five years after the end of Angola’s decades-long civil war, Jo Ractliffe travelled to the country’s capital city of Luanda for the first time, entering what was for her, she writes in her introduction, ‘largely a place of myth’. Her photographs – of townships and tented camps, the sprawling market of Roque Santeiro, the beach at Ilha, murals and monuments – reflect the impact of war on the urban context while, as Okwui Enwezor notes in his accompanying essay, avoiding documentary literalism.
» Five centuries of Portuguese rule came to an end on 11 November 1975 when Agostinho Neto, leader of MPLA, proclaimed the People’s Republic of Angola. But it also marked the beginning of Africa’s longest and most convoluted civil war. Divisions between the liberation movements, fuelled by Cold War politics and the interests of other African countries (notably South Africa), laid the foundations for the violent conflict that subsequently consumed Angola for nearly 30 years. It was only after the death of rebel UNITA leader, Jonas Savimbi, in February 2002 during a clash with the Angolan army, that military leaders on both sides agreed to a ceasefire, paving the way for a final political settlement and peace.
During the war an estimated 1.5 million people lost their lives; one in ten children under the age of fourteen lost one or both parents and 43 000 were separated from their families. In its wake four million people were displaced from their homes and nearly half a million others sought refuge in the neighbouring countires of Zambia, Namibia, Democratic Republic of Congo, Botswana, and even South Africa. The country’s infrastructure was all but destroyed as were eighty per cent of schools, in a country where half the current population is under 18 years of age. The widespread use of landmines also had devastating consequences that continue to be felt to this day. The United Nations High Commissioner for Refugees estimates that eighty million landmines were left scattered across the country and Angola has an amputee population of 70 000, 8 000 of whom are children.
Ironically, the civil war strengthened a sense of national identity and common purpose. But the challenges that face Angola now are profound. Most of its citizens have been resettled or re-integrated – although some 200 000 refugees still live outside the country and 62 000 remain internally displaced. But the majority are without land, adequate housing, water, health care, education or jobs. And although the country has now embarked upon the monumental task of reconstruction, it is one that despite Angola’s natural wealth and burgeoning economy is beset with problems.
I first read about Angola in Another Day of Life, Ryszard Kapuscinski’s book about events leading up to Angola’s independence. This was during the mid-eighties – some ten years after it was written. At the time, South Africa was experiencing a period of intense resistance and increasing mobilisation against the forces of the apartheid government, which was also engaged in the war in Angola. I was photographing in the townships around Cape Town – images that would form the material of a series of apocalyptic photomontages of urban wastelands, resettlement camps and dogs (titled Nadir). And amongst other books on landscape, dispossession and war, I was reading about Angola. Until then, in my imagination, Angola had been an abstract place. In the seventies and early eighties, it was simply ‘the border’, a secret, unspoken location where brothers and boyfriends were sent as part of their military service. And although tales about Russians and Cubans and the Cold War began to filter back – all of which conjured up a distinctly different image from the one portrayed by the South African state – it remained, for me, largely a place of myth.
Last year, I went to Luanda for the first time. Five years had passed since the war had ended. I entered the myth. »-Jo Ractliffe ; texts by Okwui Enwezor, David Goldblatt and Charles Skinner.












