1ère édition tirée à 800 exemplaires.
La Sierra Nevada a une signification personnelle pour Rothman, inspirant un lien de toute une vie avec la nature et l’amenant à se lancer dans la photographie lorsqu’il était adolescent. Cependant, ses récentes visites ont été marquées par un sentiment croissant de peur et de perte à mesure que les signes du changement climatique, tels que les incendies de forêt et la brume, deviennent de plus en plus visibles. Cette relation en évolution informe l’objectif principal du projet : capturer les contradictions d’être dans un paysage changeant, où l’attachement personnel rencontre l’incertitude environnementale.
Rothman travaille dans un processus itératif partagé entre le travail de terrain et l’édition numérique. Sur le terrain, il réalise des photographies grand format en réponse à des rencontres naturelles significatives, telles que l’incommensurable sensation d’espace qu’offre un sommet montagneux lointain, les confins abritant un bosquet d’arbres au crépuscule ou la dévastation d’une section de forêt récemment carbonisée. Dans le studio, il détermine leur forme finale. Certaines images restent telles qu’elles étaient, d’autres sont transformées en inversant les couleurs, en superposant plusieurs vues d’un seul endroit ou en lavant une image jusqu’à la limite de la visibilité. Ces interventions visent à déstabiliser le spectateur, créant des images qui semblent à la fois familières et étranges.
La tradition du paysage européen – de Jacob van Ruisdael et Théodore Rousseau à Albert Bierstadt – sert de point de référence, incitant à une réflexion sur la façon dont les représentations traditionnelles ont façonné notre perception de la nature sauvage, et comment l’idéaliser comme étant vierge a pu contribuer à sa vulnérabilité actuelle.
En définitive, La Sierra défie l’icône qu’elle représente : un paysage à la fois majestueux et fragile. Il nous invite à réimaginer les réalités environnementales et notre relation avec la nature – non pas comme quelque chose de séparé ou intact, mais comme un espace en évolution étroitement lié à l’impact humain. Et affronter cette dualité à travers des images à la fois belles et troublantes.
Y compris un texte d’accompagnement par la critique d’art et écrivaine renommée Leah Ollman.
1st edition of 800 copies.
The Sierra Nevada holds personal significance for Rothman, inspiring a lifelong connection to nature and leading him to take up photography as a teenager. However, his recent visits have been marked by a growing sense of dread and loss as signs of climate change, such as forest fires and haze, become increasingly visible. This evolving relationship informs the project’s core aim: to capture the contradictions of being in a changing landscape, where personal attachment meets environmental uncertainty.
Rothman works in an iterative process split between fieldwork and digital editing. In the field, he makes large-format photographs in response to meaningful natural encounters, such as the immeasurable sense of space evinced by a distant mountain peak, the sheltering confines of a copse of trees at dusk, or the devastation of a recently charred section of forest. In the studio, he determines their final form. Some images remain as they were, others are transformed by inverting colours, layering multiple views of a single place, or washing out an image to the edge of visibility. These interventions aim to unsettle the viewer, creating imagery that feels both familiar and strange.
The European landscape tradition – from Jacob van Ruisdael and Théodore Rousseau to Albert Bierstadt – serves as a reference point, prompting reflection on how traditional representations have shaped our perception of wilderness, and how idealising it as pristine may have contributed to its present vulnerability.
Ultimately, The Sierra challenges the icon it depicts: a landscape both majestic and fragile. It invites us to reimagine environmental realities and our relation to nature – not as something separate or untouched, but as an evolving space intertwined with human impact. And to confront that duality through images that are at once beautiful and unsettling.
Including an accompanying text by renowned art critic and writer Leah Ollman.



















